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 (JULIAM) je dépose les armes, qui pense à mon coeur.

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Julien Lafonte

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Carnet de bord
LE CORPS DE BALLET:

MessageSujet: (JULIAM) je dépose les armes, qui pense à mon coeur.   Jeu 11 Sep - 13:36

je ne sais plus comment je me suis perdu
ni à quel moment, j'ai été vaincu.
Ce n'est jamais simple d'assumer nos erreurs lorsque celles-ci touchent directement à nos émotions les plus fortes. L'amour est un cadeau précieux mais tout aussi savoureux qu'il puisse être, il lui arrive parfois d'être blessant, rugueux et douloureux. Il nous emprisonne, nous empoisonne. Une seule fois suffit pour que tout ne soit plus qu'illusions et déceptions. Perdre pieds, s'oublier à en ignorer tous les principes qu'on s'était imposé. J'ai grandi dans la foi inéluctable que je finirai mes vieux jours seul. Je n'ai besoin de personne, j'ai évolué dans un monde tellement difficile qu'il m'a été impossible, toute ma vie, d'imaginer que je puisse un jour croiser un regard. Juste un, qui me ferait prendre conscience de ce que les sentiments nous imposent lorsqu'ils nous éclatent en pleine tronche. Pourtant, tout est là, le résultat de mes trente longues années d'errance et d'ignorance. Le cœur a ses raisons, mais ma raison l'ignore toujours. J'ai préféré jouer la carte de la sécurité pour n'avoir jamais à souffrir d'être blessé par un autre. Mon isolement m'a permis de travailler sur moi et sur ma passion, sur mes envies et mes ambitions. Je n'ai que la danse, je n'ai jamais eu que la danse ! Et puis, j'ai croisé ce regard, celui qui remet tout en question, celui qui change tout et qui vous fait prendre conscience que sous votre mètre quatre-vingt de bonhomie et d'autonomie, il y a un cœur qui bat, un cœur qui s'enflamme et qui cherche à aimer. J'ai cru longtemps qu'il ne broncherait jamais, qu'il ne me dérangerait jamais. J'ai laissé la distance s'imposer, j'ai refusé toute avance pendant longtemps et puis, il m'a convaincu, il m'a biaisé. Petit à petit, il est venu à bout de mes remparts et s'est infiltré là où personne n'était encore entré. J'ai aimé, je n'ai pas peur de le dire. Mais je suis blessé, exactement comme je l'avais déjà imaginé.

Ce matin, en quittant mon loft, je me sens vidé de toute émotion. Depuis qu'il ne dort plus contre moi, j'ai l'impression d'errer sans comprendre où je vais. Pourtant, j'ai l'espoir que les choses s'arrangeront quand je plonge mes yeux sur mon cellulaire. Aujourd'hui, on doit se voir pour préparer la prochaine session d'examens. L'avantage de coucher avec son assistant, d'aimer son assistant, c'est que mise à part sous l'effet d'une démission, on a toujours possibilité de le voir. Ma présence n'arrange pas les choses, je le sais, mais je garde l'infime espoir de recoller les morceaux d'un amour que j'ai gâché, que j'ai anéanti. Je suis sous pression lorsque je m'installe dans un taxi, j'ai beau avoir une allure dédaigneuse et confortable, je n'en reste pas moins ce petit bonhomme que j'étais le jour de mon premier cours de danse, j'avais dix ans. Je sens mon cœur qui frappe fort contre ma poitrine, j'ai envie d'hurler mais je me retiens. Je paie ma course lorsqu'on me pose devant l'Opéra et mon ventre gargouille. Je ne suis pas prêt à l'affronter, pourtant, je m'y force. Je sais qu'il me déteste, je me souviens de son regard lorsque, ce soir-là, il est venu récupérer ses affaires chez moi. Je ne l'ai pas vraiment revu, je lui ai écrit quelques mots mais un fossé nous sépare, par ma faute. Me reviennent à l'esprit une foule d'expressions qui, aujourd'hui, prennent tout leur sens. On ne récolte que ce que l'on sème, ma récolte est pourrie parce que j'ai semé de la merde. J'aurai dû faire attention à mon cœur, au lieu de ça, j'ai été l'instrument de sa chute. Je suis tombé avec lui parce que j'ai refusé d'aimer, refusé d'y croire. Je nous ai poussé vers la sortie au lieu de profiter de ce que l'on avait. On ne se rend compte de la valeur d'une chose que lorsqu'on la perd, je me convaincs que tout n'est pas perdu et pourtant... j'ai pris conscience de l'importance de mes sentiments désormais. Suis-je prêt à aimer ? Je n'en sais rien, mais je ne suis pas prêt à prendre le risque de perdre ce qu'il m'apportait. J'essaie d'être professionnel lorsque j'entre dans le studio de danse. Je croise certains collègues que je salue de la main mais je ne m'arrête pas. Ici, personne ne sait que nous étions ensembles, je ne peux donc obtenir aucun conseil quant à cette situation incongrue dans laquelle je me trouve. J'ai préféré taire notre relation pour ne pas nous attirer de problème, aujourd'hui, je crève de ne pouvoir en parler à personne. En poussant la porte du studio, je le retrouve, face au miroir. Sa silhouette me paraît familière mais le reflet dans la glace me semble étranger. J'esquisse un sourire... Tu es en avance... ma voix est tremblante, mon ventre se serre et mon estomac se noue. Il se tourne face à moi et brusquement, j'ai l'impression de plonger dans le vide et de suffoquer. Je ne suis pas à l'aise dans le rôle de l'homme en faute... Pourtant, c'est moi qui l'ai trompé, non ?
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Adam Leroy

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MessageSujet: Re: (JULIAM) je dépose les armes, qui pense à mon coeur.   Jeu 11 Sep - 16:47


~ fight for this love ~
juliam.

Reprendre un rythme normal, après deux mois de vacances, ce n'est jamais quelque chose de facile. Reprendre un rythme normal, après deux mois de vacances qu'on voudrait n'avoir jamais vécu, c'est encore plus difficile. Lorsque le réveil d'Adam Leroy sonna ce matin, il le laissa retentir pendant plusieurs minutes. Il était inutile de lui demander de revenir d'ici une demi-heure, voir une heure. Adam l'avait déjà fait par le passé, sans succès. D'un côté, le jeune homme veut le bruit s'arrête mais, de l'autre, il se doit de le laisser pour se bouger. La danse reprend aujourd'hui. En temps normal, cette perspective aurait très certainement excité Leroy. Aujourd'hui, il redoute de se rendre à l'Opéra. Il sait qu'il le verra, qu'il verra la cause de son été maussade. Même le soleil et la chaleur de la Côte d'Azur n'ont pas aidé le danseur à oublier. Même se plonger dans la danse et s'occuper le reste de l'été ne fut pas aussi efficace qu'il s'imaginait. Enfin, ça l'était la journée quand il avait des choses à faire et l'esprit concentré. Mais le soir, quand il se glisse dans son lit, nu, sans personne pour en profiter, ça fait mal et ça fait bizarre … Il lui manque, terriblement. A croire que depuis qu'il a posé son regard sur lui, ce danseur est devenu un éclat de lui. Adam se lève, coupe le réveil et s'assoit au bord de son lit. Il passa ses mains sur son visage puis dans ses cheveux. Finalement, il se décide à se mettre debout et va se préparer. En moins d'une heure, il est prêt à partir, son iPod aux oreilles et son sac en bandoulière sur l'épaule. Le soleil brille sur la capitale française, au moins ça ne rend pas l'humeur maussade. Leroy se décide à prendre le bus. Bien qu'ayant le permis de conduire, il n'a jamais fait l'acquisition d'une voiture. Vivre à Paris est une excuse suffisante pour ne pas avoir de voitures. Les transports en commun sont abondants, marcher est bon pour la santé, il y a trop de monde et de dangers sur les routes et la population n'ira pas en s'améliorant. Arrivé à destination, le danseur regarda la façade de l'établissement où il faisait autrefois ses études et où, aujourd'hui, il travaille. Les examens d'entrée commencent cette semaine, il faut préparer les épreuves et les salles. En tant qu'assistant qu'un maître de ballet, Adam se doit d'être là. Mais qu'est-ce que son lit lui manque. Qu'est-ce que son appartement est l'endroit où il veut être le plus au monde. Non pas par fatigue mais par envie de ne pas le voir. Il entre et au fil des secondes, il se rapproche de la salle. Il salue quelques personnes d'un sourire ou de clins d’œils. Mais il n'est pas interrompu pour demander x ou y choses, contrairement aux autres matins où il est pressé et tout lui tombe dessus.  Finalement, il arriva dans la salle. Elle est vide. Il est soulagé, mais ça ne durera pas. Leroy allume les lumières et posa son sac dans un coin. Il y sort une bouteille d'eau et commence ensuite à installer une table au fond. Il se tient ensuite au centre de la pièce et s'étire quelques secondes. Puis, il entend quelqu'un entrer. Il se retourne et le voit. Julien. Julien Lafonte. L'homme de sa vie qui peut le faire passer du septième ciel au trente-sixième dessous, chose qu'il a fait quelques jours avant le départ en vacances. Julien note qu'il est en avance.

« Ah ... » lança-t-il alors.

Il vérifia l'heure sur son iPhone (ne possédant pas et ne voulant pas posséder de montres).

« Oui, c'est mieux que d'être en retard. » dit-il ensuite, en souriant le plus naturellement et normalement du monde. « J'ai installé une table là. Est-ce que ça te va ou tu la veux ailleurs ? »

Le jeune danseur a conscience de tenir là un discours vide, des paroles tout ce qu'il y a de plus banale et sans le moindre intérêt. Il parle poliment, normalement, ne mettant pas une quelconque froideur dans ses termes. Il veut juste éviter d'avoir à parler des vrais problèmes. Il les a fuit pendant deux mois, ça peut encore durer pendant tout aussi longtemps voir même plus après tout.
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Julien Lafonte

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MessageSujet: Re: (JULIAM) je dépose les armes, qui pense à mon coeur.   Ven 12 Sep - 7:06

je ne sais plus comment je me suis perdu
ni à quel moment, j'ai été vaincu.
Je ne vois que ses yeux... ses yeux dans lesquels brillent une lueur incandescente qui me brûle l'estomac, me brûle la chair. Je me sens mal, je sens mon cœur qui accélère son rythme et mes jambes qui tremblent. Alors je tourne le dos, je ferme la porte, je reprends ma respiration tandis qu'il me répond sur un ton cassant, cynique même. En lui faisant à nouveau face, je jauge la table qu'il a installé en esquissant un léger sourire. Dans ma tête, je n'ai qu'une envie, fuir le plus loin possible et éviter cette confrontation. Mais après deux mois sans ses nouvelles, j'ai aussi cette curieuse envie de rester près de lui. Il m'a manqué, j'ai une sainte horreur de l'admettre, mais il m'a manqué. Le cœur au bord des lèvres, j'avance jusqu'à la table et y dépose mes affaires, sans dire un mot. Nous ne nous regardons même pas, nous ne nous calculons pas plus. Finalement, ne subsiste entre nous, aujourd'hui, qu'un fossé qui nous sépare de plus en plus. J'ai envie de faire le pas qui nous rapprochera mais je sais qu'il s'y refuserait. Question d'orgueil et de fierté, certainement, mais qui suis-je pour l'en dissuader ? Mes actes sont des bagages que désormais je vais trainer derrière moi. Mes yeux se posent sur lui, sa silhouette élancée, son visage aux traits indiscutablement parfaits et j'ai envie de crever... la peine est trop lourde à supporter. Même pas une embrassade, même pas une étreinte, non, juste deux parfaits inconnus qui se regardent sans se voir. Tu as passé un bon été ? Je reste courtois, je fais preuve de sang-froid. Il est hors de question que je craque maintenant, nous avons des choses bien plus importantes à faire que revenir sur ce qu'il nous est arrivé, ce que j'ai fait ! Pourtant, j'ai le sentiment d'avoir encore à me justifier. Chacun de mes mots est calculé soigneusement, comme si j'avais peur de mettre les pieds sur une bombe et de voir tout exploser autour de moi.

Reprendre les cours me rappelle simplement que le monde a continué sa course malgré le temps qui semble s'être figé autour de moi. Ne reste de notre histoire que le souvenir d'une nuit où j'ai merdé, volontairement. Je ne voulais pas lui faire du mal, finalement, je cherchais juste à l'éloigner. L'éloigner de moi, de mes défauts et de mon incapacité marquante à être un petit-ami plutôt qu'un amant. Je ne peux néanmoins m'empêcher de regretter amèrement ce que j'ai fait, chaque jour. Alors je détourne mon regard du sien, j'attends sa clémence mais elle ne viendra jamais, j'espère son pardon mais il ne me le donnera pas. Je suffoque, l'air se fait absent autour de moi et mes muscles se crispent. La tension est palpable mais je fais bonne figure, je marche un peu dans la salle pour me donner contenance. J'avais pensé commencer les cours avec un adage sur Bach, ou Mozart. J'ai trouvé des vieux disques dans une boutique à l'angle de Montmartre. Ils seront parfaits pour les cours. Je fais abstraction de Julien et Adam, le couple, pour ne me centrer que sur Julien, maître de ballet et Adam, assistant maître de ballet. En me retournant face à lui, pourtant, j'ai le cœur qui se serre plus encore. J'ai envie de me jeter à ses pieds et d'implorer son pardon, mais je me retiens. J'ai une fierté, moi aussi, et des principes pour lesquels je me suis toujours battu. Je garde les pieds sur terre, conscient que cette situation ne s'arrangera pas avec le temps mais avec des efforts. Pourtant, avant d'en fournir, j'ai besoin de savoir s'il est prêt à me laisser l'opportunité de déposer les armes et de me laisser lui prouver que je mérite son affection. Je fais quelque pas en sa direction, je ne m'y tiens plus. Je m'arrête face à lui et mes yeux se glissent dans les siens. Je sais que rien n'effacera jamais ce que j'ai fait Adam, mais je m'excuse. Sincèrement... Conscient que ce n'est ni le lieu ni l'endroit, je détourne mes yeux en soupirant, je reprends ma marche dans la salle, incapable de tenir en place. Je l'aime mais je n'arrive pas à me résoudre à lui laisser la chance de comprendre combien tout ça me ronge et m'obsède. Je suis en cage, volontairement, parce qu'incapable de jouer la sincérité sur le plan émotionnel.
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Adam Leroy

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MessageSujet: Re: (JULIAM) je dépose les armes, qui pense à mon coeur.   Ven 12 Sep - 10:17


~ fight for this love ~
juliam.

Pendant les deux mois d'été, Adam a souvent eu l'occasion de repenser et même de ruminer sa relation avec Julien et les conséquences de ne plus « être avec lui ». Il se doutait parfaitement que leurs relations professionnelles allaient devenir différentes. Inutile de parler de leurs relations personnelles. C'est juste qu'Adam ne pensait que ça allait atteindre ce niveau. Comme quoi, c'est quand on est devant le fait accompli quand se rend toujours compte des difficultés qu'il occasionne. On a beau être préparé psychologiquement, avoir prévu un scénario bien précis, la réalité est toujours différente à quelques détails près. Et ces détails font justement toute la différence. Leroy ne peut s'empêcher pour le coup de maudire la différence entre la théorie et la pratique. Julien lui demanda s'il avait passé un bon été. Ils faisaient tous les deux preuve de politesse mais c'était tellement gênant … Le premier réflexe du jeune Leroy aurait été de répondre quelque chose comme « à ton avis ? ». Après tout, il a été trompé par l'homme qu'il aime avant de partir en vacances. Il y a mieux comme moyen pour démarrer l'été. Mais le danseur sait très bien qu'en disant ça, la situation ne s'améliorera pas et qu'il mettra les pieds dans le plat, comme le dit l'expression. Il réfléchit rapidement à une réponse tout ce qu'il y a de plus correcte, une réponse simple sans donner de détails.

« Reposant. » dit-il. « Et le tien ? »

Le danseur classique faisait un effort pour contrôler sa voix. Il savait qu'au départ, il avait été assez froid. Hors, ce n'était pas volontaire, il n'est pas arrivé à faire autrement. Adam regarda Julien. Il était toujours aussi beau et dégage quelque chose (du moins à ses yeux). En le regardant, Leroy comprend pourquoi il a craqué sur lui, il y a de nombreuses années, et pourquoi il est devenu aussi amoureux et fou de cet homme. Il y a quelque chose chez lui qui l'attire, l'hypnotise presque. Le danseur n'a alors plus qu'une envie : il veut quitter la table contre laquelle il s'est posé pour venir enlacer le maître de ballet et avoir ses bras autour des siens. Sauf que cet acte ne rimera absolument à rien et qu'une partie de lui est suffisamment forte pour l'en empêcher. Cette même partie qui lui a fait parler de façon aussi cynique toute à l'heure et qu'il veut qu'il emploie le moins de paroles possibles.

« Ouais, on peut mettre du Bach. Les nouveaux risquent d'avoir souvent du Mozart en début d'année. »

Là, les relations sont redevenues professionnelles. Un examen va avoir lieu, de futures nouvelles recrues vont avoir lieu. Les dossiers et compagnie vont finir par s'entasser sur la table d'ici quelques minutes. Table sur laquelle il manque des chaises d'ailleurs. Adam s'apprêtait à aller les prendre quand Julien vient en face de lui. C'est la première fois en deux mois qu'ils ont été aussi proches l'un de l'autre, ça a de quoi perturber quasiment n'importe qui. Du moins, Leroy se sent un peu moins fort d'un coup et se retient de ne pas embrasser Lafonte. Ce dernier s'excusa à nouveau, en le regardant dans les yeux et surtout, en ayant l'air le plus sincère possible. A se demander presque si, lorsqu'ils étaient ensembles, il a été aussi sincère que ça. Finalement, le professeur s'éloigna et tourna le dos au jeune danseur. Ce dernier fut troubler. Il se redressa, fit un pas en avant et répondit :

« Je sais que tu es désolé, je te crois quand tu le dis. »

Là, bizarrement, la partie d'Adam qui se montrait aussi négative vis à vis de Julien ne se manifesta pas. Preuve vraiment que Leroy croit Lafonte. Il rajouta ensuite :

« Mais, ce n'est pas le moment d'en parler. Tu as un examen à faire passer. On en parlera après, si tu veux bien. »

Sur ces dernières paroles, Adam alla prendre des chaises pliantes se trouvant dans une pièce d'accessoires. Il en installa deux (une pour Julien, l'autre pour lui) et attendit que le maître de ballet lance l'examen ...
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Julien Lafonte

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MessageSujet: Re: (JULIAM) je dépose les armes, qui pense à mon coeur.   Mar 23 Sep - 9:27

je ne sais plus comment je me suis perdu
ni à quel moment, j'ai été vaincu.
J'ai l'cœur qui saigne de le sentir à la fois si proche et si loin de moi. Je prends sur moi de craquer face à lui mais la pression est trop forte. A nos boniments usuels sur le programme à venir des classes, je sens toute la rancœur qui nous anime oppresser mon cœur et je suffoque. Je me déteste d'avoir si mal agit, de l'avoir perdu et d'avoir été aussi loin. Je me hais de l'avoir blessé et de n'avoir pas su le retenir. Lorsqu'il m'a annoncé qu'il quittait Paris pour les vacances, je n'ai même pas cherché à savoir où il se réfugiait et seulement s'il comptait revenir. Il m'a manqué mais je n'ai pas pris de ses nouvelles une seule seconde. J'aurai pu passer l'été à flirter mais je n'ai eu le courage à rien, sinon à m'enfermer dans une léthargie enivrante, suffoquante. Je me plante face à lui, l'espace d'un instant, je retrouve dans ses yeux cette étincelle qui animait notre couple et j'ai envie de sourire. Mais je tourne les talons... ses propos me blessent plus qu'ils ne me rassurent. Il a beau me croire, le fossé qui nous sépare ne cesse d'accroître et chaque seconde qui s'écoule, j'ai le sentiment de le perdre un peu plus. Je suis face au mur, face à notre rupture, face à cette fin imminente qui me déchire déjà le cœur. Je lui tourne le dos alors que je l'entends me dire que ce n'est ni l'endroit, ni le lieu pour en parler... Je sais... tu as raison ! Mais j'aimerais venir à bout de tout ce qui nous a détruit, sans savoir par où commencer. Je l'entends mettre les chaises en place et me retourne encore pour lui faire face. Je ne me reconnais plus, je ne le reconnais plus, je ne nous reconnais plus. J'ai honte, tellement que je baisse les yeux à chaque fois que les siens croisent les miens. Je ne sais comment me comporter pour paraître le plus à l'aise possible, au fond je n'essaie même pas. Je reste stoïque un instant avant de me diriger jusque vers la table. J'ai pourtant besoin de lui parler de tout ça, je ne peux pas attendre plus longtemps. Mes mains s'écrasent avec violence sur le bois de la table, quelques feuilles volent alors que mes yeux se plantent dans les siens. Mais j'en peux plus d'attendre Adam ! Combien de temps vas-tu me repousser de la sorte ? Et combien de temps encore avant que tu n'acceptes de me regarder autrement que comme le dernier des salopards ? Pourtant je l'ai mérité, je le sais. Mais je ne supporte pas qu'il m'accable de ce regard qu'il réserve d'ordinaire aux gens qu'il méprise. Je le connais trop bien pour ne pas m'en apercevoir mais Adam m'aime, je le sais. Alors s'il ne peut supporter l'idée de me perdre, pourquoi me pousse-t'il ainsi vers la porte de sortie ? Je reste un instant la bouche entre-ouverte avant de continuer. Je ne supporte plus ton silence et ton absence Adam ! Mais jamais je ne lui dirai que je l'aime, je n'ose pas. Je ne l'ai jamais dit, je m'en suis toujours tenu à des sous-entendu explicites et suffisamment claires pour le lui faire comprendre mais ces mots ne sont jamais sortis de ma bouche. En haleine, comme suspendu dans le temps, j'essaie de les articuler pour lui faire comprendre combien je peux m'en vouloir mais n'y parviens pas. Je baisse les yeux en soupirant, fais le tour de la table et ramasse les quelques feuilles qui sont tombées. En prenant place sur la chaise qu'il a installé pour moi, je bafouille. Excuse moi, j'avais pas l'droit... Mais je n'y crois pas un seul instant. J'ai besoin qu'il vide son sac, besoin qu'il me crache au visage pour pouvoir enfin trouver matière à me faire pardonner.
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Adam Leroy

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MessageSujet: Re: (JULIAM) je dépose les armes, qui pense à mon coeur.   Mar 23 Sep - 21:19


~ fight for this love ~
juliam.

Adam ne savait pas trop comment gérer cette situation. Il réalisa alors qu'il n'avait pas tant d'expériences que ça dans les relations amoureuses. Il a vraiment connut que deux hommes dans sa vie : d'abord Mathias qui est aujourd'hui son meilleur ami et avec qui les choses se sont bien terminées, et aujourd'hui Julien avec qui à l'inverse les choses sont beaucoup plus difficiles. Ce ne sont pas ses visionnages de séries gays comme Sex & The City ou bien Grey's Anatomy qui vont pouvoir l'aider dans ce cas de figure. Quoi dire et quoi faire, quand l'homme que vous aimez vous a trompez ? Est-ce qu'il faut lui pardonner, partir du principe que l'adultère peut frapper n'importe lequel d'entre nous ? Puis, comment prendre le fait que cette faute a eu lieu pour mieux fuir la relation de base ? D'un côté, Leroy n'a plus du tout envie d'entendre parler Lafonte. Il veut que ce dernier reste un simple collègue de travail et que leurs relations soient tout ce qu'il y a de plus professionnelles. Mais d'un autre côté, le danseur a envie que l'homme qu'il aime revienne dans sa vie et comble le manque qu'il ressent, un manque qu'il a lui-même provoqué mais qu'il est le seul à pouvoir satisfaire … Pour le moment, Adam a plus envie d'agir de la seconde façon mais il ne veut pas non plus que son ancien amant s'en sort aussi facilement et le croit faible. Comment gérer et équilibrer tout ça ? Quelle est la décision raisonnable à prendre ? Si faut, il ne doit pas en avoir à vrai dire, c'est chacun pour soi …

« Cool ! » lâcha avec un sourire en coin Leroy.

Ils allaient parler après l'examen de leur couple et de l'avenir qu'il peut avoir plus tard. Parce que le danseur veut voir un avenir, il n'arrive pas à se dire que tout doit se terminer « comme ça ». Mais apparemment, c'est aussi le cas chez Julien sauf que ce dernier le dit d'une façon beaucoup plus brutale. Limite énervée.

« Calme-toi Julien, on ne va pas en discuter maintenant quand même. »

Il ne manquerait plus que quelqu'un entend la discussion et vienne fourrer son nez dans leurs affaires. Non pas que Leroy veut absolument faire bonne figure, c'est juste qu'il n'aime pas trop exposer sa vie personnelle. Surtout à son travail.

« Tu veux que je te regarde comment ? Comme un ange peut-être ... »

La tête penchée sur le côté, le danseur ne dit rien ensuite et regarda son maître de ballet dans les yeux. Mais ce dernier n'en resta pas là bien évidemment. Julien fit tomber des feuilles sur le sol en les tapant sur la table avec.

« Parce que tu crois que c'est facile pour moi peut-être, Julien ? » demanda en retour le jeune homme.

Là, Adam avait envie de partir et de laisser Julien seul face à son examen. Mais il a aussi envie, à cause des nerfs, de lui sauter au cou et de lui voler un baiser. Il lui manque tellement. Pendant presque 4 ans, vous êtes habitués à vivre avec quelqu'un, à dormir avec lui chaque soir, à avoir quelqu'un qui finisse par vous comprendre et vous connaître par cœur, sans éprouver la moindre gêne là-dessus. Quelqu'un qui connaît vos faiblesses, les respectent et n'ira jamais les utiliser contre vous. Mais aussi quelqu'un qui est capable de vous faire horriblement souffrir en vous rejetant. Car c'est ce que voulez Julien en trompant Adam, il voulait rejeter et fuir leur relation car elle ne lui convenait pas dans un sens. Le couple s'accroupit pour ramasser les feuilles sur le sol. Puis, Julien prit place sur une chaise. Adam resta debout et lui tourna le dos.

« En effet, tu n'avais pas le droit de t'énerver comme ça. » Leroy s'installa à côté de Lafonte. « J'ai accepté le fait que tu m'as trompé. Pas forcément pardonner, mais accepter. » commença à dire le jeune danseur.

Il ne regardait cependant pas son aîné pendant son discours, préférant fixer le mur en face de lui ou bien sur sa droite.

« J'ai plus de mal par contre avec le fait que tu as préféré fuir notre relation, parce que le sérieux qu'elle prenait était trop important pour toi, inhabituel même. Au lieu d'en parler avec moi, tu as préféré aller voir ailleurs. »

Est-ce qu'il est nécessaire de parler que souvent, Adam imagine Julien avoir un jeune danseur nu, dans ses bras, en train de lui faire l'amour ou bien encore de le baiser sauvagement ? Bizarrement aussi, Adam imagine que c'est un blond mais il ne sait pas exactement pourquoi …

« Mais ça été dur de ne pas te voir et te parler pendant ces deux mois j'avoue. »

En disant ça, Leroy prit la main de Lafonte dans la sienne sous la table.

« Ne crois juste pas que tout est rentré dans l'ordre parce que je viens de te parler et que je te pends la main. Je ne vais pas passer pour un faible, je déteste ça tu le sais en plus. »

Il conclua de façon plus hésitante :

« Juste que je n'ai pas envie de tout gâcher, moi. »
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Julien Lafonte

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Pas de danse : 45

Carnet de bord
LE CORPS DE BALLET:

MessageSujet: Re: (JULIAM) je dépose les armes, qui pense à mon coeur.   Lun 29 Sep - 14:42

je ne sais plus comment je me suis perdu
ni à quel moment, j'ai été vaincu.
J'ai été maladroit, mais je n'arrive pas à m'en vouloir. Il fallait que je réagisse, cette situation devenait de plus en plus insupportable et, chaque seconde, je sens mon cœur qui s'égraine. Il saigne, il souffre, je suffoque, je tremble. J'ai envie de retourner des mois en arrière, d'affronter mes sentiments comme un homme et de ne surtout pas faiblir face à l'inconnu. De me montrer digne de mon éducation, de mes valeurs et de mes principes, de retrouver Adam et lui avouer ce que j'ai sur le cœur sans avoir à m'envoyer un élève pour fuir la réalité. Le problème, c'est que je n'ai jamais été proche de personne, du moins, pas suffisamment pour que je sache à quoi m'en tenir. Cette proximité, avec Adam, cette routine qui s'était installée entre nous, me plaisait mais, étrangement, m'agaçait également. Deux émotions complètement opposées qui m'ont tiraillé jusqu'à me faire franchir le cap du pardonnable. J'ai merdé, une fois, peut-être deux... peu importe le nombre, je suis allé voir ailleurs ce qu'Adam m'offrait déjà, j'ai pensé qu'en redevenant cet abruti sans cœur, je me sentirai mieux. Force m'est de constater, assis seul à cette table, que ma vie n'a rien de plus agréable aujourd'hui. Adam me manque, c'est une évidence. J'ai beau le lui faire savoir, j'ai beau m'emporter, je me sens biaisé, comme noyé dans un flot insurmontable de regrets et d'angoisse. J'aimerai pouvoir en faire plus, mais je ne sais même pas par où commencer. La voix de mon cadet est plus stable, plus froide, moins emportée et surtout, moins énervée. Il garde son calme malgré mes caprices d'enfant à deux balles et se contente de ramasser les feuilles tombées. Je le regarde faire sans broncher, ses paroles m'atteignent en plein cœur mais ne colmatent aucunement les fissures abondantes. Je suis entrain de me vider de tout mon amour-propre, je n'existe pratiquement plus lorsqu'il s'installe à mes côtés et m'attrape la main. Regain d'oxygène, surpris, je tourne mon visage vers lui. Son expression s'est adoucie et l'espace d'un instant, j'ai l'impression qu'il m'aime encore. Je m'efforce de garder mon calme mais mon cœur s'agite à nouveau et puis, le contacte se brise et ses dernières paroles manquent de m'achever. Le reproche est lâche mais justifié, j'ai mérité tout ça. Alors je plie mes coudes sur la table et enfouis mon visage au creux de mes mains. J'ai eu peur de... t'aimer serait la suite logique mais ces mots ne veulent pas sortir. Je suis incapable de prononcer ces termes, je n'conçois même pas de pouvoir les ressentir. Je déglutis avec douleur, force et lassitude. L'heure tourne et nous avons du travail à achever mais j'ai un souffle au cœur, un point à l'estomac et des envies de nausées de plus en plus violentes. Je n'ai pas eu la force d'accepter ce qu'il pouvait y avoir de concret entre toi et moi, Adam. Je me redresse sur mon siège et soupire, je tourne mon visage vers lui et plante mes yeux dans les siens. J'pensais même pas qu'un jour, mon cœur puisse s'emballer à l'idée même que tu frôles ma main Adam. Pourtant c'est l'cas... et j'suis paumé ! J'ai b'soin d'sortir, de m'allumer une cigarette mais j'peux pas abandonner Adam tout de suite. Je suffoque encore alors que je me redresse sur mes jambes, je fais quelques pas devant moi en baissant les yeux. J'suis désolé Adam... Tu peux... Tu peux commencer à l'adage sans moi ? J'ai besoin de prendre l'air. Mes yeux le supplient alors que mes pieds m'entraînent déjà vers la porte de la salle de danse. Mon estomac se serre, mon cœur saigne encore.
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(JULIAM) je dépose les armes, qui pense à mon coeur.

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